Enduro Racer

CONCEPTEUR
: Sega
- EDITEUR : Sega - GENRE : Course
NOMBRE DE JOUEUR : 1 - ANNEE DE SORTIE : 1987
Rares
sont les softs de moto tournant sur une console 8 bits ayant
réussi l'exploit de captiver réellement les
joueurs. Enduro Racer, malgré son âge, y parvient
pourtant toujours de fort belle manière. Comment est-ce
possible ? La réponse en lisant ce qui suit.

Autant
vous l'avouer tout de suite : j'aime beaucoup Enduro Racer.
Alors oui c'est vrai, cet argument est très discutable
objectivement parlant, mais les faits sont là, j'apprécie
énormément ce titre. Pourtant, l'affaire semblait
plutôt mal engagée au départ. La 2D, apportant
aujourd'hui encore un intérêt non négligeable
pour les jeux de baston, de plate-formes ou de rôles,
n'a jamais vraiment fait bon ménage avec les softs
de course. Certes, il y a bien quelques célèbres
exceptions comme Out Run, Hang On, Super Monaco Grand Prix
ou encore Crazy Cars, mais ceux-ci se comptent en faible nombre.
Difficile donc de retranscrire l'intensité d'une course
automobile sans l'apport de la 3D (rappelons qu'en l'occurrence
ici, le jeu date de 1987). Et pourtant, force est de constater
que les programmeurs d'Enduro Racer ont réussi leur
coup.
Ce qui surprend dès le lancement du titre, c'est l'utilisation
de la 3D isométrique. Sans précédent
jusqu'alors dans un soft de ce style, cette innovation pour
l'époque mérite amplement d'être saluée.
Cela a pour conséquence de proposer une approche inédite
pour un jeu de ce style et de régler les divers problèmes
de vue inhérents à la quasi majorité
des titres de course 2D classiques (notamment les virages).
Le top dans cette histoire, c'est que cela ne gêne aucunement
le joueur et que quelques secondes suffisent pour être
parfaitement à l'aise.
D'ailleurs,
la jouabilité d'Enduro Racer est un modèle du
genre. Elle est orientée 100% arcade et de fait, le
difficile apprentissage de la maîtrise de la moto n'a
pas lieu d'être ici. La deux-roues répond du
tac au tac aux ordres qui lui sont donnés et les boutons
du paddle de la Master System servent respectivement et en
toute logique à accélérer et à
freiner. C'est donc un sans faute de ce point de vue là
et ça fait rudement plaisir.
L'autre surprise qui vient après la découverte
de la 3D isométrique, c'est l'absence de modes de jeux.
Arrivé à l'écran titre, on presse le
bouton A de la manette et nous voile directement sur la ligne
de départ de la première course. Pas de mode
championnat, de mode multi-joueurs ni même d'options
: c'est sans fioritures que l'on est balancé au cur
de l'action. Cela ne veut toutefois pas dire qu'Enduro Racer
est dénué d'intérêts, bien au contraire.
En fait, les dix courses que comporte le soft doivent être
terminées les unes après les autres dans un
ordre prédéfini et ce, sans que le chronomètre
ne tombe à zéro ni que la moto se retrouve hors
d'usage. A ce propos, un compteur ainsi qu'un pourcentage
de dégâts sont en permanence visibles à
l'écran, histoire de bien savoir où en sont
les choses. Croyez-moi, l'objectif demandé est difficilement
réalisable (mais pas impossible !!) et rares sont ceux
qui ont dus y parvenir jusqu'à présent. Le challenge
devient donc rapidement hypnotique et pousse à jouer
encore et encore.
Une fois la moto enfourchée et le top-départ
donné, on se lance donc à l'assaut de la ligne
d'arrivée. Si la particularité première
des tracés est de ne pas proposer de virages (uniquement
des lignes droites), ils sont en revanche bourrés d'obstacles
en tout genre. De cailloux aux broussailles épaisses
en passant par des éboulements, des marécages,
des tremplins et des automobilistes et autres motards ayant
probablement eu leur permis de conduire dans un Kinder, il
y a largement de quoi faire pour faire chuter l'infortuné
joueur. Eviter ce désagrément n'est d'ailleurs
pas chose facile et les réflexes sont ainsi constamment
mis à contribution. Au moins, avec Enduro Racer on
est sûr ne pas rouiller.
Une
autre particularité du titre, c'est la possibilité
d'améliorer sa moto à la fin de chaque course
terminée. Un certain nombre de points nous est attribué
afin de pouvoir acheter divers accessoires à la boutique
du coin. Ceux-ci vont des pneus aux suspensions en passant
par l'accélérateur ou encore le moteur et même
la réparation des dommages subis par la deux-roues.
Cette petite pause garage est très appréciable
et même indispensable pour espérer parvenir au
terme des dix courses. Quelques possibilité supplémentaires
de tuning auraient été les bienvenues, mais
ne boudons tout de même pas notre plaisir, les choix
présents ici sont déjà bien sympatoches.
Bien entendu, Enduro Racer accuse quelque peu son ancienneté
en ce qui concerne la réalisation technique. Graphiquement,
on sent d'emblée que la Master System n'est encore
qu'au début de sa vie. Les sprites des véhicules,
bien que reconnaissables, sont sommairement dessinés
et les décors assez vides. Soulignons tout de même
l'originalité des environnements traversés (déserts,
marécages, montagnes, etc.) au nombre de cinq et souvent
peu, voire pas du tout, vus dans un jeu de ce genre.
Et qu'en est-il de l'animation ? Là, pas vraiment de
discours interminable à avoir, le scrolling ne ralentit
jamais. Ce n'est pas étonnant au final vu le peu de
sprites ensembles en même temps à l'écran,
mais tout de même. Alors bien sûr, on aurait aimé
avoir des petites animations sur les bords de route, mais
n'oublions pas que l'on est sur 8 bits donc soyons un peu
indulgent mes frères.
Enfin, côté bande-son, ça reste assez
limité. Les musiques, peu nombreuses au demeurant,
sont rythmées et ne lassent pas trop mais souffrent
d'un cruel manque de qualités techniques. Les bruitages,
pour leur part, sont dans la même mouvance, à
savoir réalisés à peu près et
en faible nombre. Cela reste tout de même passable dans
l'ensemble et c'est l'essentiel.

Enduro
Racer est certes limité du point de vue de la réalisation,
mais le challenge qu'il propose, le fun qu'il dégage
et la prise en main ultra simple qu'il possède en font
un titre vraiment attachant et dont se faire une petite partie
de temps en temps est toujours plaisant.
GRAPHISMES
: 13/20 |
Ce
n'est pas moche non, mais ça manque tout de même
beaucoup de détails. |
ANIMATION
: 17/20 |
Peu
de choses à animer, donc forcément pas de
ralentissement de quelque nature que ce soit. |
SON
: 12/20 |
C'est
vraiment très limité, tout aussi bien du
côté technique que du côté profusion. |
JOUABILITE
: 19/20 |
Aucun
problème de prise en main, la moto se dirige d'une
déconcertante facilité. |
DUREE
DE VIE : 17/20 |
Le
challenge proposé est difficile à relever
mais tient en haleine. Dommage qu'il n'y est pas de mode
multi-joueurs. |
NOTE
GLOBALE : 88%
|
OULIPOP
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