Batman Returns

CONCEPTEUR
: Sega
- EDITEUR : Sega - GENRE : Action/Plate-forme
NOMBRE DE JOUEUR : 1 - ANNEE DE SORTIE : 1992
Eh
toi !! Oui, toi assis devant ton écran d'ordinateur.
Toi qui aurait toujours voulu être un super héros
(à défaut d'un artiste), vêtu d'un joli
collant violet et toujours prêt à voler au secours
de la veuve et de l'orphelin. Et bien réjouis-toi grandement,
car la Game Gear t'offre aujourd'hui encore la possibilité
de réaliser ton rêve.

Apparu
pour la toute première fois en 1939 dans le magazine
Detective Comics sous la plume de Bill Finger et le dessin
de Bob Kane, Batman fait parti de ces supers héros
si chers aux américains et ayant traversé les
décennies sans la moindre ride ou presque. Tout le
monde connaît le fameux Bruce Wayne, élégant
milliardaire le jour qui, suite à l'assassinat de ses
parents par des gangsters lors sa petite enfance, se transforme
la nuit venue en justicier chauve-souris, arpentant sans relâche
les rues de Gotham City à la recherche de criminels
à punir. D'ailleurs, ce ne sont pas les quatre films
(et bientôt cinq) sortis ces dernières années
qui me feront mentir : Batman reste aujourd'hui encore un
personnage culte.
Cet
épisode Game Gear n'est pas, contrairement à
ce que l'on pourrait penser à la lecture de son titre,
une réelle adaptation du long-métrage réalisé
par le génial Tim Burton en 1992. Non, ici on a plutôt
droit à une histoire originale se déroulant
en quelque sorte dans l'univers du film, puisqu'on y retrouve
les personnages principaux. Cette histoire se déroule
par une grise journée hivernale, Batman se balade tranquillou
dans Gotham Ciy lorsqu'il aperçoit une jeune femme
en haut d'un gratte-ciel, prête à mettre fin
à ses jours en plongeant dans le grand vide. Chevaleresque
au possible, il se précipite au sommet du building
pour tenter de la raisonner mais hélas, il arrive trop
tard : la jeune femme a sauté. De retour auprès
du corps de celle-ci dans l'espoir qu'un miracle l'aurait
épargné, Batman se retrouve soudain nez-à-nez
avec un de ses plus fidèles ennemis, l'ignoble Pingouin.
Ce dernier, toujours à l'affût d'un mauvais coup,
prend notre héros en photo près du cadavre et
s'en va accuser Batman responsable du suicide de la jeune
femme. L'honneur bafouée, Batman n'a plus qu'une seule
issue : se venger.
Le scénario ne propose rien de bien exceptionnel et
ne lorgne donc pas hélas du côté du film.
C'est certes fort dommage, mais l'important est cependant
que ceci est le prétexte idéal pour offrir à
Batman et par conséquent au joueur la possibilité
de se frotter à un jeu d'action/plate-forme des plus
réussis.
Ceci
tout d'abord parce que le rythme du soft est parfaitement
rôdé. On avance dans les différents niveaux
sans aucun temps mort, les ennemis et les précipices
à franchir étant assez nombreux et s'enchaînant
parfaitement. Armé de son fameux grappin, Batman s'en
sert pour éliminer ses adversaires (on peut d'ailleurs,
à l'aide du menu pause, choisir sa taille de portée
parmi trois disponible tout en sachant que la puissance dépendra
de celle-ci) mais aussi pour s'agripper au plafond et s'y
balancer tel un acrobate. Cette dernière utilisation
permettra ainsi d'atteindre des lieux a priori inaccessibles.
Pour
pimenter le déroulement du jeu, les développeurs
ont ajouté à certains endroits dans les niveaux
des bonus (logiquement en forme de chauve-souris). Il en existe
deux différents, tout aussi indispensable l'un que
l'autre. Le premier, comme dans tant de softs, permet de redonner
un peu de vie au personnage, tandis que le second offre la
possibilité au joueur d'avoir recours à l'arme
spéciale de Batman : la biennommée Batmobile.
Ne vous enflammez pas, on ne peut pas la conduire (oui je
sais, c'est dommage) mais l'on peut néanmoins faire
appel à ses services en cas d'urgence, via le menu
pause encore une fois. Une jolie séquence d'animation
se déclenche alors, nous montrant le puissant véhicule
larguant des mines ayant pour effet d'éliminer tous
les ennemis présents à l'écran. Vous
voyez, quand je vous disais que c'était indispensable
!!
Côté longévité, Batman Returns
possède une option innovante et intéressante
: celle de pouvoir choisir sa route au fil des niveaux. Qu'est-ce
que cela veut dire exactement ? J'y viens, j'y viens. En fait,
au début de chaque level, deux directions complètement
différentes sont disponibles pour parvenir au boss
et c'est donc à l'heureux joueur de sélectionner
celle dont le cur lui en dis. Plutôt sympa, non
? Et lorsque l'on sait que le titre compte cinq niveaux au
total mais que les quatre premiers proposent ce dédoublement,
on constate avec plaisir qu'au final, Batman Returns c'est
neuf stages d'action/plate-forme ni plus ni moins. Ceci permet
ainsi d'avoir à faire à un jeu dont la durée
de vie est plus qu'honnête pour une portable et c'est
important de le signaler.
Graphiquement,
force est de constater que l'ensemble est d'un très
bon niveau. Les protagonistes sont d'une taille parfaite et
en ce qui concerne les ennemis, plutôt variés.
Gangsters armés de pistolet, femmes-pirate lançant
des bombes, clowns diaboliques jouant les kamikazes, gros
costauds posant des tacles dignes des meilleurs milieux défensifs
au football, il y a de la matière à laquelle
se mesurer. Pour ce qui est des décors, c'est là
aussi de l'excellent ouvrage. On a droit à un Gotham
City dépouillé et surtout très coloré.
Ce parti-pris de la part des développeurs peut surprendre
quand on sait que les aventures de Batman se déroule
d'ordinaire dans un environnement particulièrement
sombre, mais bon... allez comprendre. Cela n'entache toutefois
en rien la qualité visuelle du soft, qui s'inscrit
d'ailleurs parmi les plus belles réussites sur Game
Gear dans ce domaine.
L'animation,
pour sa part, est tout ce qu'il y a de plus nickel. Aucun
ralentissement, aucun sprite amputé d'une partie de
son anatomie, mouvements de personnages classiques mais efficace,
c'est du tout bon. Mention spéciale aux très
réussies animations de la batmobile et aux diverses
postures de notre super héros, toutes plus sympathiques
les unes que les autres.
La bande-son n'est pas en reste elle non plus, puisqu'elle
reste tout à fait correcte tout au long du soft. Les
musiques sont tantôt rythmés, tantôt inquiétantes
(celle de l'écran titre en est d'ailleurs une excellente
illustration) et se prêtent parfaitement à l'univers
de Batman. Les bruitages, très classiques, n'en demeurent
pas moins acceptables et en adéquation avec l'action
nerveuse du jeu (explosions, tirs, etc.).
Reste la maniabilité, sans défaut majeur. Diriger
Batman ne demande pas des années d'apprentissage et
c'est tant mieux. Seule l'utilisation du grappin en guise
de point d'appui sur un plafond peut éventuellement
requérir quelques tentatives avant d'être véritablement
assimilée. Cela dit, au bout d'une ou deux parties,
se petit souci n'existe plus et c'est avec grand plaisir que
l'on se déplace agrippé à un lampadaire,
aussi adroitement qu'un chat sur une branche d'arbre étroite.

Et
hop, encore un très bon jeu d'action/plate-forme pour
la Game Gear. Sans réel défaut (aussi bien sur
le plan ludique que technique), Batman Returns fait honneur
au personnage de Bill Finger et Bob Kane, et se classe aisément
parmi les titres à avoir absolument sur sa portable
préférée.
GRAPHISMES
: 17/20 |
La
portable de Sega montre ici de quoi elle est capable,
c'est-à-dire d'afficher de bien jolis graphismes. |
ANIMATION
: 17/20 |
Ca
ne déborde pas d'effets spéciaux bien entendu,
mais ça ne rencontre aucun souci majeur et c'est
l'essentiel. |
SON
: 16/20 |
Les
musiques ainsi que les bruitages sont dans le plus pur
style 8 bits, mais restent néanmoins réussis. |
JOUABILITE
: 17/20 |
Aucun
problème pour déplacer le personnage. Le
grappin demandera toutefois quelques petites minutes d'appréhension. |
DUREE
DE VIE : 16/20 |
Avec
ses niveaux dédoublés qui portent le total
à neuf et sa difficulté bien dosée,
Batman Returns ne se termine pas aussi facilement que
ça. |
NOTE
GLOBALE : 92%
|
OULIPOP
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